Politique du savoir, politique des faits

Article intéressant:

Entretien réalisé par Bernard Aspe, Muriel Combes, Josep Raffanell I Ora
Par Isabelle Stengers

Extraits:
"On voit émerger des luttes sociales qui passent, dans leur processus de constitution interne, par la construction de savoirs à la fois à partir, contre et en alternative aux savoirs légitimés par les institutions. La puissance de ces nouvelles pratiques politiques semble aussi provenir de modes de subjectivations collectives qui, dans leur affirmation minoritaire, produisent des savoirs allant à l’encontre des tentatives de gestion des savoirs collectifs par les institutions de l’État. Il nous semble que votre travail explore la dimension politique de la construction des savoirs. Mais inversement, comment pensez-vous que l’édification des savoirs concerne les luttes politiques actuelles ?

[...]
"En revanche, la manière dont certains des artisans de ce qu’on appelle « l’économie de l’information », ces techniciens qui ont conçu le Web avec le projet politique affirmé de le rendre inappropriable, m’intéresse. Là, il n’y a pas de quoi ricaner. C’est un de ces cas rares où une technique a été construite non comme un instrument censé être neutre, tout dépend de qui l’utilise mais sur un mode qui intègre la question politique. A ce titre, je dirais que le Web a réussi à devenir l’une des inconnues de notre avenir."

http://multitudes.samizdat.net/spip.php?article405