Zelda Symphonique : un lien avec le passé

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Infinite Loop

En janvier dernier, j'ai acheté à ma copine une paire de billets pour a href="http://zelda-symphony.com/"The Legend of Zelda, Symphony of the Goddesses/a qui était présenté jeudi dernier à la Place des Arts de Montréal. Connaissant son enthousiasme pour la franchise, c'est un des rares jeux vidéos pour lequel elle a de l'intérêt, allant même jusqu'à s'acheter les nouvelles consoles que pour jouer au plus récent chapitre du jeu. Je la croyais une vraie fan finie. Pourtant...br /br /div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"a href="http://4.bp.blogspot.com/-hJNYlF_3APc/T8nvDFI7utI/AAAAAAAABiM/gNPONuMI5Yg/s1600/legend-of-zelda-symphony-goddesses.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"img border="0" height="300" src="http://4.bp.blogspot.com/-hJNYlF_3APc/T8nvDFI7utI/AAAAAAAABiM/gNPONuMI5Yg/s400/legend-of-zelda-symphony-goddesses.jpg" width="400" //a/divbr /La soirée a débuté par un repas aux a href="http://les3brasseurs.ca/"3 Brasseurs/a avec des amis puis nous nous sommes rendus à la Salle Wilfrid-Pelletier. Là, ce fût un choc culturel pour le geek en moi. Je n'étais déjà pas friant de jeux vidéos (ma dernière console était une PS2), j'étais surtout un joueur social. Soudainement, j'étais entouré de gamers fanatiques tous avec le même un point commun : accros à Zelda. Parmi le public, des jeunes accompagnés de leurs parents, des ados passionnés et des jeunes adultes que je m'imagine facilement occuper un emploi dans le domaine du jeu vidéo. Les accompagnateurs comme moi qui ne connaissent à peu près rien de l'univers de Zelda, Link, Hyrule et la Triforce se faisaient probablement rares.br /br /Pendant toutes les années où je me courais régulièrement les spectacles de musique, le fan fini s'en tenait généralement à porter l'habituel t-shirt du groupe en spectacle. Ici, c'était aussi le cas mais plusieurs arboraient un accessoire du jeu et une minorité était complètement costumée en personnages de la série, tendance à laquelle je suis peu familier et qu'on appelle "a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cosplay"cosplay/a". Après un certain âge, porter des oreilles d'elfes, brandir une épée et un bouclier en plastique pour se rendre dans une salle de concert crée chez moi un malaise. En me gardant une réserve sur mes préjugés et le fond de ma pensée, c'est peut-être ce qui différencie les éternels adolescents de ceux qui ont décidé d'entrer dans une vie d'adulte. Bien sûr, il ne faut pas généraliser mais pour des observateurs externes, ils passent pour des étranges et il faut s'attendre qu'ils se moqueront d'eux à leur insu.br /br /div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"a href="http://1.bp.blogspot.com/-iCM59ETXgfs/T8oNVuddO5I/AAAAAAAABig/9NSpdAZxMBo/s1600/zelda-photo.jpg" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"img border="0" height="351" src="http://1.bp.blogspot.com/-iCM59ETXgfs/T8oNVuddO5I/AAAAAAAABig/9NSpdAZxMBo/s400/zelda-photo.jpg" width="400" //a/divbr /br /Avant de pester contre moi, vous admettrez que c'est enfantin et un brin quétaine. Au même titre que le fan de Kiss qui se rend déguisé au spectacle pour étaler à quel point il est plus fan que les autres et qu'il veut lui-même faire parti du cirque en ayant les projecteurs sur lui. Dans ma jeunesse, j'étais un gamer modéré de RPG, allant même trouver refuge dans des univers de Donjons amp; Dragons et faire l'expérience d'un Grandeur Nature médiéval (où le costume a sa place). Après une prise de conscience, j'ai subitement tout arrêté pour trois raisons. La première, c'était de voir que pour de nombreux joueurs qui obtenaient peu de succès dans leurs vies, ils se tournaient vers un monde imaginaire pour se réaliser plutôt que de mettre les efforts à la bonne place. La deuxième, c'était qu'à partir du moment où j'ai commencé à fréquenter des filles, mon intérêt pour le monde réel a pris le dessus. Adieu farfadets et gobelins. La troisième et dernière raison, c'est que la vie elle-même est un jeu avec son lot de règles complexes. Quand on décide d'y jouer, on doit s'investir à 100% et mettre de côté le reste.br /br /Voilà, c'est ce à quoi j'ai pensé à la vue des spectateurs costumés. Bien sûr me direz-vous, ce n'est qu'un divertissement, c'est pour le plaisir dans le cadre d'un concert reprenant la musique des jeux vidéos et ce n'est pas représentatif de tous ceux qui étaient présents. Tout à fait. Mais on ne peut pas nier que les RPGs répondent à un besoin d'être quelqu'un d'autre, un idéal qui n'existe pas. Il y a une différence fondamentale à prendre comme modèle Steve Jobs ou un personnage fictif comme Link. Jusqu'où on s'enfonce dépend de chacun. Ce n'est pas des farces, il y a des amis que j'ai arrêté de voir parce que tout tournait autour des jeux vidéos ou des jeux de rôles. Dans des discussions, alors que je partageais des situations de la vraie vie, eux renchérissaient avec les expériences que vivaient leurs personnages! Ce n'est pas pour rien qu'ils passent si souvent pour des iweirdos/i ou des inolifes/i plutôt que des geeks, il y a un déséquilibre qui n'est pas sain. Selon le bloc a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Geek#Confusions"Confusion de l'article Geek sur Wikipedia/a que j'ai recopié ici en partie ici :br /blockquoteSi nolife et geek sont parfois compatibles, ils ne sont pas pour autant synonymes. Le nolife est celui dont la passion (généralement le jeu vidéo, en particulier le MMORPG) devient une addiction, puisqu’elle occupe une part démesurée dans sa vie, et va jusqu’à être un frein pour son emploi ou ses études. Ce n’est pas forcément le cas du geek, puisque le plus souvent les geeks offrent une part raisonnable de leur temps à leur passion./blockquotebr /Sinon, quelques observations par rapport aux gens assis autour de moi. C'était à croire que pour plusieurs d'entre eux, c'était la première fois qu'ils mettaient les pieds dans une salle de concert de prestige pour voir un orchestre (ou pour être méchant, la première fois qu'on les arrachait de leur écran pour sortir de chez eux)br /ullima copine se faisait donner des coups dans le dos de son siège par une fan un peu trop euphorique /liliun spectateur qui posait ses pieds sur le dossier des sièges de la rangée de devant, comme certains le font dans un aréna de quartiernbsp;/liliun gars qui grimpait sur son siège dans le but de passer par-dessus pour accéder à la rangée suivante /lilile gars derrière moi qui commentait chaque extrait de pièce joué par l'orchestre : "Ah oui, ça c'est dans Ocarina of time quand le personnage va à tel endroit.... Je l'ai passé rien qu'une fois ce jeu-là, ça me donne le goût d'y rejouer." CHUT!!!/lilià proximité de mon siège, un gars avait apporté son snack pour grignotter durant le spectacle. Slurp, crounch, crounch. Merde, on n'est pas au cinéma! Quel manque de savoir-vivre.../liliincroyable mais vrai, durant l'entracte, ils étaient nombreux à sortir leur console portable Nintendo DSi/3DS pour jouer plutôt que de discuter avec leur copain(e). Dans certains cas, pas besoin de parler, les deux jouaient!/li/ulOuais, je vous le dis, j'avais les nerfs à vif à la fin de la soirée. Ai-je apprécié le spectacle ? Pour la qualité de la musique, oui. Moins pour le reste. L'écran projecteur qui diffusait des séquences vidéos qui provenait des différents jeux m'a permis de découvrir peu à peu cet univers et me mettre en contexte, bien que je disposais de peu de références puisque de mémoire, je n'ai joué qu'au 1er volet au NES et à celui du SNES (A Link to the Past) sans toutefois les finir (hehe, on m'accusera d'hérésie et on me brûlera sur le bûcher!). Ma copine préférait fermer les yeux pour apprécier pleinement la musique ou encore observer l'orchestre, sans quoi on se laissait trop facilement déconcentrer par les images. De mon point de vue, vu l'âge du public, j'ai l'impression que l'écran contribuait à maintenir l'intérêt puisque les pièces, aussi belles soient-elles, n'avaient pas un rythme aussi entraînant que le thème du jeu.br /br /div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"a href="http://2.bp.blogspot.com/-gPWarl7a7iA/T8oNSLp2qOI/AAAAAAAABiY/aOGtXmi2qis/s1600/zelda-orchestre.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"img border="0" height="300" src="http://2.bp.blogspot.com/-gPWarl7a7iA/T8oNSLp2qOI/AAAAAAAABiY/aOGtXmi2qis/s400/zelda-orchestre.jpg" width="400" //a/divbr /br /L'organisateur du spectacle (anglophone) venait sur scène présenter chaque bloc de pièces accompagné de son interprète (francophone). Dès qu'on morceau étant annoncé, le public était survolté comme dans un show rock. Pour ça, il y avait de l'ambiance, allant même jusqu'à entonner le fameux ohé, ohé ohé ohé. Évidemment, aux dires de l'organisateur, nous sommes le meilleur public, phrase qui est dite à chaque ville mais qui, à chaque fois, fait son effet. Encore plus prévisible, il m'a semblé que la 2ème partie du spectacle avait été écourtée pour laisser place à combien... ah oui 3 faux-rappels d'usage pour pouvoir déclarer que le spectacle fût triomphal. Je suppose que jamais dans leur carrière les musiciens n'ont été aussi chaleureusement accueillis et applaudis. Seulement, c'est dommage que les orchestres doivent de plus en plus se résigner à embrasser la culture pop etnbsp; les jeux vidéos pour pouvoir s'assurer une salle comble. Au moins, le public semble avoir apprécié.br /br /Ceux-là, les reverrons-nous à la Place des Arts pour assister à une future symphonie classique ? J'en doute. Me verrez-vous déguisé un jour ? Jamais.