Koumbit soutient la lutte contre la rétention des données.

Ce texte est une traduction librement adaptée du communiqué de presse publié par le collectif Riseup, dont Koumbit soutient la prise de position contre la rétention des données et la surveillance des citoyens par l'État.

Nous souhaitons manifester notre solidarité et apporter notre soutien à tous ceux qui se voient forcés par la directive européenne 2006/24/EC de participer à la surveillance proactive des infrastructures de communication. Les fournisseurs d'accès européens se voient obligés par cette directive à devenir des intermédiaires involontaires de la police, les contraignant à conserver vos informations de communication. Nous souhaitons clamer notre opposition à cette attaque contre la vie privée et témoigner de notre soutien et de notre solidarité envers ceux qui se battent contre cette effroyable tournure des évènements.

Les réseaux de communication des prochaines décennies sont en train de se construire aujourd'hui, et nous avons une importante décision à prendre: l'infrastructure du futur sera-t-elle conçue pour préserver notre liberté, ou au contraire pour faciliter la surveillance et le contrôle des individus ?

Nos systèmes de communication sont actuellement remaniés dans le but de construire une machine incroyablement efficace pour assurer un contrôle total de la société. Ce travail est effectué par les gouvernements démocratiques du monde et par l'ONU sous le prétexte de faire respecter la loi. Ces gouvernements ont un problème: Internet et les nouvelles technologies de communication sont en train de saper leur capacité de surveillance légale. Leur solution à ce problème consiste à surveiller toutes les communications et à exiger que chaque serveur Internet devienne un outil de renseignement du gouvernement.

Les nouvelles technologies telles que la commutation de paquets, la numérisation et la cryptographie sont fondamentalement différentes des technologies de communication du passé. Alors qu'il était difficile et coûteux de collecter des informations de surveillance sur un individu, on peut maintenant recueillir des informations détaillées sur des millions de personnes en appuyant simplement sur un bouton. D'un autre côté, ces moyens de communication peuvent être conçus pour rendre la surveillance quasiment impossible. Malheureusement, il n'y a pas de juste milieu: soit nous fabriquons des systèmes sécuritaires, soit nous fabriquons des systèmes qui sont profondément déficients, facilement abusés, et se prêtant eux-mêmes au contrôle de la population.

Le vieux contrat avec les états démocratiques est dépassé: il n'y a plus de possibilité d'une surveillance limitée de l'État. Nous devons choisir entre une capacité de surveillance de l'État grandement diminuée ou une capacité de surveillance totale de l'État. C'est simplement la nature des nouvelles technologies de la communication.

Nous demandons:
* la liberté d'expression: Tout le monde doit être capable de communiquer de manière anonyme et privée. Nos ordinateurs ne doivent pas devenir des relais de la police d'État. Nous ne devons pas être obligés à recueillir et archiver les informations de communication de nos utilisateurs. Nous ne devons pas être obligés à autoriser des accès par porte dérobée au gouvernement pour qu'il écoute les communications de n'importe qui.

* la liberté d'association: Chaque individu doit pouvoir s'associer librement sans que le gouvernement puisse suivre ou surveiller le réseau des personnes avec lesquelles il s'associe. Nous devons avoir le droit d'utiliser des outils de communication qui ne révèlent pas l'expéditeur ou le destinataire des informations. Le gouvernement ne doit pas être autorisé, légalement ou techniquement, à cartographier la manière dont nos relations sociales sont organisées.

Nous pouvons lutter contre cette nouvelle surveillance par l'adoption volontaire de meilleurs protocoles. D'autres aspects de cette surveillance doivent être combattus par l'action politique, devant les tribunaux, dans la rue, et par la désobéissance civile si la situation l'exige.

Les enjeux de ce combat sont très importants. Nous devons travailler dès maintenant pour maintenir la capacité des groupes sociaux à communiquer de manière privée et libre. Si nous ne le faisons pas, nous abandonnons notre aptitude à résister aux gouvernements et aux entreprises, et nous nous exposons à l'injustice pour de nombreuses années à venir.

Pour plus d'informations concernant le contrôle des citoyens et une première journée d'action qui a eu lieu le 11 octobre dernier, consultez Freedom Not Fear.